1 h 46. C’est le temps du TGV le plus rapide entre Paris-Est et Strasbourg, et il en part seize par jour. Organiser un séjour en Alsace commence par ce chiffre, parce qu’il met la région à portée d’un week-end et qu’il pousse, du même coup, à la traverser trop vite. Cent quatre-vingt-dix kilomètres du nord au sud, une cinquantaine d’est en ouest, 880 communes. On parcourt tout ça en deux heures d’autoroute. On ne le connaît pas après trois villages à colombages.
Cinq décisions se prennent avant de réserver : comment arriver, où poser ses bagages, avec quoi se déplacer, combien de jours rester, à quelle saison. Chacune a sa page sur ce site. Celle-ci dit ce qui se décide en premier, ce qui en découle, et ce que coûtent les sites qu’on aura envie de voir. Le programme jour par jour et le choix du plus beau village se règlent ailleurs.
Arriver en Alsace : le train gagne sur Strasbourg, la voiture sur les Vosges
Le train dessert trois portes. Strasbourg depuis Paris-Est en 1 h 46 sur les meilleures rames, en 1 h 50 le plus souvent, en 3 h depuis Lille et en 1 h 30 depuis Luxembourg. Mulhouse depuis Lyon en 2 h 50 et depuis Marseille en 4 h 40. Colmar depuis Bordeaux ou Nantes en 5 h 40. Un séjour qui commence à Strasbourg ou à Colmar n’a aucune raison de commencer en voiture.
Deux aéroports comptent. Strasbourg-Entzheim est relié à la gare centrale par une navette ferroviaire de 9 minutes, à peu près toutes les demi-heures, pour un peu moins de 4 € le trajet. L’EuroAirport de Bâle-Mulhouse se trouve en territoire français : la ligne 11 des bus Distribus rejoint la gare de Saint-Louis en 10 minutes, d’où le TER met 20 minutes jusqu’à Mulhouse et 35 jusqu’à Colmar.
Par la route, Paris arrive par l’A4, payante jusqu’aux abords de Strasbourg. Lyon et Dijon arrivent par l’A36 sur Mulhouse. Une fois en Alsace, l’A35 qui longe le Rhin de Strasbourg à Bâle est une autoroute non concédée, sans péage sur toute sa longueur. Compter 75 km de Strasbourg à Colmar et 45 de Colmar à Mulhouse.
Strasbourg pose une contrainte de plus. L’Eurométropole est une zone à faibles émissions, la vignette Crit’Air y est obligatoire, et les véhicules Crit’Air 3 en seront exclus à partir de janvier 2027. Douze parkings-relais en périphérie règlent la question pour un visiteur : 4,20 € la journée, stationnement et tram compris pour tous les occupants de la voiture, jusqu’à sept. Au-delà de la journée, le forfait passe à 7,20 € pour 24 heures et 14,40 € pour 48.
Où se baser : Strasbourg, Colmar ou un village du vignoble
La question se tranche sur la durée du séjour avant de se trancher sur le goût. Jusqu’à trois nuits, une seule base, et on rayonne. À partir de cinq, deux bases, une au nord et une au sud, parce que refaire chaque matin les 75 km entre Strasbourg et le vignoble du Haut-Rhin mange la matinée.
| Base | Ce qu’elle sert | Sans voiture |
|---|---|---|
| Strasbourg | la ville, le nord du vignoble, le Kochersberg, l’Outre-Forêt | oui |
| Colmar | le vignoble du Haut-Rhin, le Haut-Kœnigsbourg, la vallée de Munster | oui, avec le Kut’zig et le TER |
| Village du vignoble | les vignes à pied, les caves, le calme du soir | non, sauf en gare de la ligne Strasbourg-Colmar |
| Munster ou Metzeral | les crêtes, les fermes-auberges | l’été, par la navette |
| Mulhouse | les musées techniques, le Sundgau, Bâle | oui |
Strasbourg est la base du nord. Elle donne accès à pied à la Grande Île et à la cathédrale, en TER à Obernai, Sélestat, Haguenau et Wissembourg, en voiture au Kochersberg et à l’Outre-Forêt. C’est aussi la seule base qui se passe entièrement de voiture. Le revers : décembre, quand le marché de Noël double le prix des nuits, et des villages qui ne sont qu’à trente minutes mais qu’on quitte au moment où ils deviennent calmes. Les chambres d’hôtes des villages autour de Strasbourg sont la réponse de ceux qui veulent la ville le jour et le silence la nuit.
Colmar est la base du sud et du vignoble. Riquewihr, Ribeauvillé, Kaysersberg et Eguisheim sont à moins de quinze kilomètres, le Haut-Kœnigsbourg à 26, la vallée de Munster et les crêtes à une heure. On la choisit quand on vient pour la Route des Vins et les Vosges du sud.
Un village du vignoble, entre Obernai et Thann, est la base de ceux qui ont une voiture et qui viennent pour les vignes. On y dort chez un vigneron, on part à pied dans les rangs le matin, et on retrouve une rue vide à 19 h quand les cars sont repartis. Rien ne s’y fait sans voiture, en revanche, sauf le long de la ligne TER Strasbourg-Sélestat-Colmar. La page dormir chez un vigneron dit dans quels villages chercher et à quelles dates ces maisons sont pleines.
Deux bases servent des projets précis. Munster ou Metzeral pour un séjour de randonnée, avec la navette des Crêtes à la porte l’été. Mulhouse pour les musées techniques, le Sundgau et Bâle à vingt minutes de train, avec des nuits nettement moins chères qu’à Colmar.
Le type d’hébergement se décide ensuite, et c’est un autre sujet : chambre d’hôtes, gîte, ferme-auberge, camping ou refuge n’ont ni le même prix ni la même durée minimale. La page où dormir en Alsace, type par type les compare, et gîte ou chambre d’hôtes tranche le cas le plus fréquent.
Circuler : le TER pour l’axe nord-sud, la voiture pour le reste
L’Alsace a une colonne vertébrale ferroviaire et pas grand-chose de plus. Entre Strasbourg et Colmar, une soixantaine de trains par jour mettent une trentaine de minutes ; Strasbourg-Mulhouse prend un peu moins d’une heure. Sélestat, Obernai, Molsheim, Saverne, Haguenau, Wissembourg, Munster, Thann et Saint-Louis sont en gare. Riquewihr, Eguisheim, Kaysersberg, le Haut-Kœnigsbourg, les cols et les fermes-auberges ne le sont pas.
Trois navettes comblent une partie des trous, à des dates précises. Le bus Kut’zig fait une boucle à arrêts libres entre Colmar, Ribeauvillé, Riquewihr, Kaysersberg, Turckheim et Eguisheim du 3 avril au 11 octobre 2026, toutes les 1 h 45, pour 32 € la journée par adulte et 22 € pour un enfant de moins de douze ans, sur réservation. La navette des Crêtes monte des vallées vers la route des Crêtes du 30 mai au 27 septembre 2026, les week-ends en juin et en septembre, tous les jours en juillet et août, pour 4 € le trajet ou 10 € la journée pour un groupe de deux à cinq personnes. La ligne 500 relie la gare de Sélestat au Haut-Kœnigsbourg de mars à décembre pour 3 €.
Pour une journée qui enchaîne train, tram et bus, le billet Alsa+ 24 h coûte 23,10 € dans le seul Bas-Rhin et 37,40 € pour les deux départements. Il devient rentable à partir d’un aller-retour Strasbourg-Colmar complété par un tram et un bus, pas avant. La page l’Alsace en train détaille ce que dessert chaque ligne ; la Route des Vins sans voiture et randonner sans voiture disent ce qui se fait vraiment depuis une gare.
La voiture reste sans remplaçant sur quatre terrains : les crêtes hors saison de navette, le Sundgau et le Jura alsacien, l’Outre-Forêt et les Vosges du Nord, les fermes-auberges du repas marcaire. Qui vient pour l’un de ces quatre-là loue une voiture ou vient avec la sienne, et choisit sa base en conséquence.
Combien de jours rester
Deux jours donnent une ville et un village : Strasbourg avec Obernai, ou Colmar avec Riquewihr ou Eguisheim. Trois jours donnent Strasbourg en entier, ou Colmar et trois villages du vignoble, ou la Route des Vins en trois jours de Marlenheim à Thann. Cinq jours permettent deux bases, les deux villes, le vignoble et une journée dans les Vosges. Une semaine ajoute un pays qui se mérite, le Sundgau, l’Outre-Forêt ou l’Alsace Bossue, et une nuit en altitude.
Le piège est d’empiler. Une journée de la Route des Vins passée dans quatre villages est une journée de parkings. La page combien de jours pour l’Alsace pose un programme réaliste par durée, et trois jours à Strasbourg montre ce que la seule ville occupe.
Quand partir : ce que la saison ouvre et ferme
La saison décide du prix et de ce qui est accessible. Décembre est le mois le plus cher de l’année, et une nuit à Strasbourg en semaine coûte alors moitié moins que le week-end. Les vendanges, de mi-septembre à mi-octobre, remplissent le vignoble une seconde fois. Janvier, février et mars sont le creux : les nuits sont au prix bas, les marchés de Noël sont démontés, et la route des Crêtes est fermée à la circulation entre le col de la Schlucht et le Grand Ballon.
Le printemps ouvre les asperges de Hoerdt en avril et la transhumance de la vallée de Munster en mai. L’été ouvre les navettes, les fermes-auberges et les crêtes, avec la foule en juillet et en août. Deux fériés propres à l’Alsace-Moselle ferment les commerces : le Vendredi saint et le 26 décembre. La page quand venir en Alsace fait le tour des douze mois, ce que coûte une nuit selon le mois chiffre la courbe des prix, et les jours où l’Alsace ferme liste ce qui n’ouvre pas le lundi ni le mardi.
Ce que coûtent les sites, et quand le Pass’Alsace vaut le coup
Les grands sites ont un billet à deux chiffres. Le château du Haut-Kœnigsbourg demande 12 € par adulte, 8 € de 6 à 17 ans, 30 € pour une famille, et il est gratuit le premier dimanche du mois de novembre à mars. L’Écomusée d’Alsace à Ungersheim demande 16,50 € par adulte et 11 € par enfant de 4 à 17 ans. Le musée Unterlinden de Colmar ferme le mardi. La nef de la cathédrale de Strasbourg est libre ; la plateforme à 66 mètres, après 332 marches, se paie.
Le Pass’Alsace regroupe plus de soixante sites, dont ces trois-là. Ses tarifs adulte de 2026 vont de 30 € pour 24 heures à 50 € pour trois jours et 65 € pour cinq, avec un tarif enfant jusqu’à douze ans inclus de 20 € à 45 €. Les jours d’un pass de trois ou cinq jours se répartissent librement sur quatorze jours à compter de la première utilisation. Le calcul se fait à l’avance. À 12 € et 16,50 € l’entrée, un pass de trois jours n’est amorti qu’à partir de quatre sites visités, et il ne compense rien pour qui vient marcher ou déguster.
Une ligne s’ajoute à toute facture d’hébergement : la taxe de séjour, comptée par personne et par nuit selon le classement de la maison, et souvent absente du prix affiché sur les plateformes. Les fiches Haut-Kœnigsbourg, Écomusée d’Alsace, Unterlinden et cathédrale de Strasbourg portent horaires et tarifs à jour, et quel musée visiter en Alsace aide à choisir quand on ne peut pas tout faire.
Par où commencer
Les décisions s’emboîtent, et l’ordre compte parce que chacune ferme des options pour la suivante.
- Les dates. Un séjour en décembre ou pendant les vendanges se réserve des mois avant, et le budget de l’hébergement en dépend plus que du choix de la maison.
- Le mode d’arrivée. Sans voiture, la base est Strasbourg ou Colmar, et le programme se limite aux gares et aux navettes. Avec, tout s’ouvre, y compris le village du vignoble.
- La base, puis l’hébergement. Une base par tranche de trois nuits ; ensuite seulement le type de maison. Une chambre d’hôtes au sens du Code du tourisme loge cinq chambres au plus, chez l’habitant, avec le petit-déjeuner compris : c’est le format qui va le mieux au séjour court en village.
- Les sites qui se réservent. Le Haut-Kœnigsbourg en haute saison, les caves qu’on veut visiter, les fermes-auberges pour le repas du dimanche.
- Le reste se règle sur place. Un village ou un sentier n’a pas de billetterie.
Ce qu’on vient chercher décide du pays où l’on va, et l’Alsace en a une dizaine. La page les pays d’Alsace dit lequel correspond à quoi : le vignoble, la plaine et le Ried, les Vosges, l’Outre-Forêt, le Kochersberg, l’Alsace Bossue, le Sundgau.